Les événements qui blessent - Partie I
Suite à la mort de ma mère le 1er avril 2009, j’ai longuement hésité à le mettre sur mon blog, et si oui, sous quelle forme. Hélas, ceci étant un blog, détailler trop d’information concernant ma vie privée ne gène quelque peu, surtout dès que cela touche aux sentiments, plus spécifiquement l’amour, le deuil, la peine, et ainsi de suite. D’un autre côté, ayant marre d’expliquer l’histoire à chaque personne qui me demande, j’aimerai offrir un peu de répit à mes doigts déjà si malades.
J’vais faire un résumé global, sans trop de détail, juste assez pour que vous puissiez comprendre le contexte, le déroulement, les conséquences, et la suite.
Ma mère est née le 10 mars 1952, ce qui veut dire qu’elle est morte peu après ses 57 ans. Elle avait sombré dans la dépression après la naissance ratée de mes 2 grands frères. Vers mes 5-7 ans, elle a commencé à boire, et c’est lors de mes 8 ans qu’elle à fait sa première cure de désintoxication. Avec le divorce de mes parents lors de mes 10 ans, elle a sombré encore plus dans cette infâme maladie qu’est l’alcoolisme. A ce même moment, les docteurs lui ont dit d’arrêter au plus vite, sous risque que dix ans plus tard, son foie lâcherait. Avec mon frère, on vivait chez ma mère dès mes 16 ans. Je suis partit vire dans mon appartement le 1er novembre 2007, et mon frère est partit vivre dans son studio le 1er avril 2008(…).
La dernière fois que j’avais vu ma mère, c’était pour aller manger avec elle le jour de la st-valentin 2009. J’avais des contacts téléphonique avec elle, notamment suite à son anniversaire, pour prévoir un repas pour fêter ça. Je l’avais au téléphone pour la dernière fois le vendredi 27 mars, elle avait apparemment un rhume, donc on repoussait le repas d’une semaine.
Le mardi 31 mars, je reçois un appel des soins intensifs. Ma mère y était depuis dimanche soir, suite à un “voisin” qui la rendait visite, la trouvant dans un état terrible, appelant un médecin qui lui-même appela les urgences. Le lundi, elle avait apparemment refusé de donner nos coordonnées (à mon frère et moi), elle voulait pas qu’on se fasse du soucis pour elle. Cependant, le mardi ils ont dût la mettre sous respiration assistée et sous morphine, car elle ne pouvait plus respirer seule, suite à quoi ils ont décidé de nous contacter. Je leur dit que je projette d’aller la visiter le weekend, car étant sous respiration assistée et sous morphine, elle n’aurait pas pu parler. Ils me demande de retéléphoner en fin d’après-midi pour confirmer.
Ensuite vint plusieurs appels avec mon frère, mon père et le “voisin”. Vers 14h30, mon frère m’appelle, affalé: “Il faut y aller tout de suite les docteurs m’ont dit!”. Préférant confirmer la chose avec les médecins plutôt que de faire tout un cirque pour rien, je les appel et voici la phrase qui me hante encore maintenant, et surement pour le restant de ma vie: “Vous devez absolument venir aujourd’hui, sous peine de le regretter demain“…
Une collègue de travail à proposé d’amener mon frère et moi à l’hôpital, ma mère se trouvant à Payernes, car les autres soins intensifs étaient déjà débordés, et nous voilà en route. L’ambiance était glaciale, et j’essayais de ne pas paniquer, en tentant de l’humour, chose à laquelle mon frère à très mal réagit, jusqu’à me traiter de personne sans sentiment. Bref, nous voilà à l’hôpital, mon frère et moi allons voir les médecins qui nous préviennent, puis on se retrouve en face de notre mère… Choc…
Les larmes n’ont pas mis long avant de surgir, chez mon frère en premier, puis chez moi, incapable de retenir ma peine devant ma mère, entourée de machine, sous respiration assistée, mécanique, sous morphine et recouverte d’hématomes. Je n’ai pas envie de détailler les événements qui se sont passés à ce moment là, il y a eut bien 2 heures entre téléphones, discutions avec docteurs, pleures, souvenirs, regrets, peurs, etc…
A 19h, j’annonce à mon frère que je n’ai pas la force de rester auprès de notre mère durant la nuit. Mon père partit de chez lui en France pour venir s’occuper de mon frère. Ma collègue me ramène chez moi, et je me vide sur mes coussins…
Vers 11h20, après des téléphones avec mon père qui était sortit manger avec mon frère, mon père m’appelle avec un ton très grave. On avait le choix de débrancher ma mère, ou d’attendre. Si on attendait, soit elle s’en allait, soit, si par miracle elle survivait, d’après les médecins l’infection avait déjà atteint son cerveau, et elle serait un légume pour le restant de sa vie. Mon frère et mon père étaient d’avis que si on la débranchait, on lui garantissait la fin la plus paisible, mais ils voulaient mon accord. Après 10 minutes de tourmente mentale, après avoir analysé toutes les possibilités offertes à moi, je fini par donner mon accord, préférant voire ma mère partir tranquillement, que de risquer la voir un corps vivant, mais sans esprit…
Vers 1h30, n’ayant toujours pas de nouvelle, fatigué, je fini par m’endormir. Puis, aux alentours de 3h, mon père m’appelle.
Ils n’ont pas eut besoin de la débrancher, sa tension étant descendue tellement basse, elle a fini par arrêté de respirer, et moins d’une minute après, son cœur s’était arrêté. Ma mère est morte paisiblement vers 1h40, mercredi 1er avril 2009, à 57 ans, laissant un vide énorme dans le coeur de ses 2 enfants et de ses proches.
Voilà pour la partie 1. Je n’ai pas expliqué pourquoi elle est morte, alors je le fais maintenant. Depuis 1 ans, son foie avait commencé à cesser de fonctionner. Une grande bulle d’eau avait commencé à se former au dessus, suite à quoi elle a eut une première opération. Depuis quelques jours, son foie avait complètement arrêté, ses reins aussi. Son sang a arrêté de coagulé, raison pour laquelle elle était recouverte de bleus. Dans sa proche d’eau, une infection s’est déclarée, et cette infection à commencé à gagner son corps, raison pour laquelle elle était sous respiration assistée. A cause de cela, sa tension baissait à une vitesse vertigineuse, malgré les 4 transfusions et les médicaments à l’hôpital. Ils nous ont proposé de la débrancher, car ils pensaient que l’infection avait atteint son cerveau, chose qui s’est avérée fausse après coups, mais qui aurait de toute façon eut des conséquences.
Donc, en résumé pour moi: Mardi matin on m’appelle, ma mère est à l’hôpital, mais cela n’étant pas une première, ça ne me rend pas malade, mais ça me préoccupe tout de même. L’après-midi, on me dit de venir au plus vite sous le risque de le regretter le lendemain. A 19h, je lui lance un dernier “au revoir, je t’aime”, à 23h on me demande si je veux la débrancher, et à 03h on m’annonce qu’elle est décédée.
Je ferais une partie 2 plus tard, car c’est emotionnellement intense de devoir se rappeler de tout ça, mais en l’écrivant, je n’ai pas que ces souvenirs qui reviennent, mais pleins d’autres, et aussi j’écris pour ne jamais oublier, car même si le temps n’efface pas les blessures, il les cicatrise et efface certains souvenirs.
Excusez mon français, je n’ai plus l’énergie pour me relire ce soir.